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Le funéraire traditionnel à l’heure des nouvelles technologies

Du granit, du gris, du triste. Il faut bien en convenir, l’univers du funéraire n’est guère réjouissant. Faut-il pour autant égayer cette funeste dernière demeure ?

Et opter pour des stèles fluo – au risque de s’attirer les foudres des proches des riverains, comme au Muy, dans le Var, où la tombe de la petite Léa, rose intégral et fée Clochette, provoque l’ire de certains ? Mais les goûts et les couleurs, ça ne se discute pas, et c’est bien l’avis de Freddy Pineau, fondateur de Funeral-Concept.fr, qui s’est lancé en 2012 dans une offre funéraire originale et personnalisable, sans granit et sur le Web. L’idée est venue à cet ancien employé d’une métallerie au décès de la femme d’un ami, désemparé par l’offre monolithique des monuments funéraires. Freddy Pineau lui a alors proposé de créer une stèle en métal. Le concept était né. D’abord peu enclines à inclure son offre à leur catalogue, 70 pompes funèbres – souvent poussées par des clients internautes – travaillent aujourd’hui avec Funeral-Concept. Sans Internet, il lui aurait été impossible de s’inscrire dans ce paysage funéraire assez rétif aux changements, assure l’entrepreneur. Pourtant, le secteur sait bien qu’il lui faut se mettre à la page… Web. Le Sifurep (Syndicat intercommunal funéraire de la région parisienne) s’est même emparé de la question lors de son dernier colloque annuel, s’interrogeant sur le thème « Funéraire et nouvelles technologies : véritable bouleversement des usages ou simple effet de mode ? » Si la question est plus rhétorique qu’elle n’appelle de réponse, elle témoigne de l’existence de la problématique et de la nécessité pour les opérateurs de s’en saisir. Et les innovations sont multiples : faire-part électronique, registre de condoléances interactif, offre de service d’entretien de sépultures en ligne, devis et comparateurs de prix, visites virtuelles des salles, retransmission vidéo, site Internet, page Facebook… les opérateurs funéraires sont présents en ligne et diversifient leur offre.

Si le QR code, sorte de signe cabalistique à photographier avec son Smartphone gravé sur la pierre tombale et permettant d’accéder à un mémorial dédié au défunt, est boudé par les Français (alors que la pratique est très répandue aux Etats-Unis ou au Japon), d’autres services se développent. La retransmission vidéo notamment connaît un petit essor. Il s’agit d’un marché de niche, qui concerne moins de 1% des cérémonies funéraires, mais il tend à se développer en raison de l’augmentation du nombre de crémations. Née il y a quatre ans, la société Afterweb Venture, spécialisée dans le secteur, équipe chaque année 30 % de sites supplémentaires (funérariums, crématoriums…). Le concept est simple : permettre aux personnes dans l’incapacité d’être présentes aux funérailles d’assister néanmoins à la cérémonie. Pour cela, la salle doit être équipée d’un dispositif vidéo (ce qui exclut les églises) puis la retransmission – sécurisée – est accessible grâce à des codes d’accès sur son Smartphone, sa tablette ou son ordinateur.

Même si cela ne va pas révolutionner le monde du funéraire, cela permet de pallier l’éloignement géographique des familles, explique Eric Fauveau, président d’Afterweb Venture.

Notons enfin que depuis la libéralisation du secteur funéraire, en 1998, le coût des obsèques a augmenté et que les écarts de prix, pour une même prestation, peuvent atteindre 713 %, selon une enquête de l’association UFC-Que Choisir réalisée en 2014. De quoi rendre les outils de comparateurs de devis en ligne (comitam-obseques.com notamment) précieux pour les consommateurs…Relativisons toutefois : si l’utilisation d’Internet pour l’organisation des obsèques progresse, elle reste marginale : seuls 5 % des Français y ont eu recours selon les chiffres du dernier Funescope.

Rédaction Valia Breitembruch pour Dialogue & Solidarité. Juin 2016.

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