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Aude, veuve à 30 ans, partage son expérience d'un groupe de parole Dialogue & Solidarité

Nous sommes allés interviewer Aude, participante au groupe de parole de l'espace de Troyes, lors de la conférence-débat « Comprendre, accompagner, se reconstruire après un veuvage », animée par le CIDFF de l'Aube.

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Dialogue & Solidarité

Aude

Plan sur le Logo de l'association Dialogue et Solidarité et sur le texte : Rencontre avec Aude, à Troyes en février 2015. Lors de la conférence-débat, animée par le CIDFF « Centre d’information des droits des femmes et des familles » de l'Aube « Comprendre, accompagner, se reconstruire après un veuvage ». À l'occasion des dix ans de l'association Dialogue et Solidarité.

Gros plan sur Aude

Question de Magali Montu :
Vous avez quel âge Aude ?

Réponse de Aude :
J'ai 30 ans.

Donc en fait des suites de ce qui est arrivé, j'ai reçu des courriers me disant que si je voulais, en fait parler que je pouvais être écouté donc il fallait que je téléphone.

J'ai reçu un courrier de la CAF et un courrier de Malakoff Médéric, me disant

Gros plan sur le centre des Arcades et sur le logo de Malakoff Médéric

Retour sur le visage d’Aude qu'il existait un groupe de parole j'ai téléphoné pour avoir un rendez-vous.

Donc au début on a eu un rendez-vous un rendez-vous toute seule avec la psychologue, ensuite ensuite j'ai intégré le groupe quand elle a jugé qu'on était apte à intégrer le groupe.

Quand j'ai reçu le courrier, au début, je ne savais pas trop que je ne savais pas que c'était un groupe de parole sur le coup je pensais que c'était une personne qui nous recevait comme ça du service qui nous l'a envoyé bien du service qui nous l'a envoyé.

C’est de là qu'on m'a expliqué que c'était un groupe, l'idée était intéressante. Je ne regrette pas aujourd'hui d'en faire partie. C'est vrai que d'écouter les histoires des autres ça aide beaucoup, déjà pour nous comprendre, parce qu'on n'est pas les seules personnes en deuil dans la perte d'une personne, donc ça permet de comprendre différentes sortes de deuil, même nous ça nous permet de comprendre certaines choses et d'accepter certaines choses aussi de voir certaines choses que l'on n’a pas forcément compris sur le coup en fait, c'est soudain, c'est un peu le brouillard cela aide beaucoup de parler à d'autres personnes que de sa famille, car on ne peut pas forcément parler à ses proches ou parler à la famille puisqu'ils sont déjà mal pour nous, alors si en plus on leur dit réellement comment on va ce n’est pas le but recherché de les attrister plus donc ça fait du bien de parler à des personnes dans le même cas pas forcément proches en fait.

Ma première venue c'était le 4 juillet en 2014, ça va faire huit mois que je viens au groupe de parole !

J'ai fait la connaissance d'une personne pour qui il lui est arrivé la même chose il y a quelques années, mais quatre ans en arrière. Elle avait elle-même le même âge que moi.

Pareil elle avait un petit garçon qui à l'époque quoi elle avait une petite fille qui à l'époque avait le même âge que Paul mon petit garçon, le fait de parler avec elle, je me suis aperçu que cela me faisait beaucoup de bien déjà parce que le fait de parler à quelqu'un qui avait la même expérience et qui avait une expérience plus ancienne qui m'a fait réfléchir sur pas mal de choses.

J'ai eu l'occasion de discuter peut-être trois, quatre fois avec elle, et oui je me suis aperçu que cela faisait du bien de parler à quelqu'un d'autre que sa famille c'est de là que j'ai eu l'idée de prendre contact pour... des suites du courrier que j'ai eue en fait.

On dit ce que l'on veut il n'y pas pas de tabou. Après comme dit souvent la personne qui organise les réunions, tout est entendable il n'y a pas de souci.

Je me souviens au début quand je venais je tenais un discours et c'est vrai que pour certaines personnes en fait, je voyais des têtes un peu... ça devait un peu les étonner.

En fait, avec le recul, je me dis maintenant je comprends. Il y a des choses qu'on va dire au début, puis en fait avec le temps d'en parler on se dit que c'est un peu incohérent. (rires)

Oui tout est entendable (silence).

Tout ce qu'on ressent après c'est le but, le but c'est de... dire à voix haute ce qu'on ressent à l'intérieur, sans jugement (silence) sans donner de la peine à quelqu'un, d'être libre, d’évacuer ce qu'on a l'intérieur.

C'est important on va dire, d'être libre, dans ces moments-là.

J'ai un petit garçon de quatre ans et un deuxième petit garçon de 2 ans. Ils sont petits, il y a certaines choses qu'ils ne comprennent pas, mais sinon, chez moi ce n'est pas un sujet tabou, en plus ils sont assez petits c'est beaucoup de questions, quand on en parle, après on parle pour leur faire du bien à eux, après on ne peut pas parler pour faire du bien à nous, parce qu’on ne peut par leur dire pareil réellement ce que l'on ressent c'est à nous d'être forts, ce n’est pas à eux d'être forts, donc on a pas le droit de baisser les bras devant eux, voilà pourquoi c'est bien de venir en réunion ressortir tout ce qu'on a à l'intérieur parce quand on est chez nous on doit tout garder ça permet d'extérioriser peut-être du stress, des angoisses, parce que des fois juste de le dire ben ça libère.

Juste d'en parler c'est on va dire, réconfortant. Quand ça arrive, tout est flou dans la tête, c'est le brouillard complet, donc c'est vrai c'est très déstabilisant et puis de pouvoir en parler avec des personnes qui peuvent avoir des réponses à certaines questions, certaines questions, certains sentiments qu'on ressent à l'intérieur tout est mélangé, tout est flou on n'arrive même pas à exprimer ce qu'on ressent nous à l'intérieur, de pouvoir le partager avec des personnes qui sont passées par là, le vécu est plus important, enfin pas plus important, mais... et puis avec d'autres personnes, puis c'est tout récent,  ça permet de... d'aider à plus ou moins à se comprendre soi-même.

Donc cela aide beaucoup. Donc oui après effectivement c'est plus facile après de s'exprimer avec des personnes de son entourage avec ses enfants, quand on va mieux à l'intérieur ça va beaucoup mieux ça fait moins de stress moins d’angoisses. De pouvoir refaire un peu le point de remettre un peu les choses en place bien ça aide beaucoup.

C'est à vous de me dire si (rires), si tout est bien exprimé, j’avoue que j'ai un peu perdu mes mots il y a eu plus de stress que prévu (rires).

Pour rien je ne louperai un rendez-vous du groupe, c'est vrai que cela apporte beaucoup la première réunion, je me suis dit, mais j'ai parlé, mais qu'est-ce que cela va apporter en fait, on ne s’en rend pas compte ça ne s'explique pas.

Je pense c'est de pouvoir extérioriser vraiment tout ce qu'on ressent je ne veux pas dire qu'on se libère, ça lâche un peu de pression à l'intérieur. (rires)

Dernier plan sur les remerciements à Aude, participante au groupe de parole et à Carole Gueguen, animatrice de l'espace Dialogue et Solidarité de Troyes

Interview réalisée par : Magali Montu, responsable de l' association Dialogue & Solidarité
Images et montage : Daniel Barbeau, OCIRP

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